Edouard Pruhlière

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Edouard Pruhlière , 2018

Galerie des jours de lune

Edouard Prulhière s’est fait connaitre avec des pièces qui interrogeaient l’ontologie de la peinture via des amas de toiles chiffonnées en boule ou des tissus maculés de peinture sombre organisés dans l’espace. Pour l’exposition à la Galerie des jours de lune, l’artiste réactive ses pièces pour produire une installation qui joue sur les occultations, les chevauchements et les collisions de sens.
Edouard Prulhière présente une série de ce qu’il nomme Madrugada, une série de tissus maculés de peinture sombre — sortes de rebus d’atelier — qui s’organisent dans l’espace d’exposition interrogeant ainsi les transpositions atelier/galerie. Le terme Madrugada désigne l’aube, ce moment du début de la journée qui nous fait passer de la pénombre au petit matin, où les formes et les sons s’animent. C’est ce genre de sensation que porte cette installation : des chevauchements de tissus où l’on voit s’organiser les espaces, les tons, une forme. Il revient alors au spectateur d’en cueillir le sens, de profiter de cet environnement pour, à son tour, se jouer des usages de la peinture.
Malgré le recours aux différents tons de sombres qu’utilise l’artiste, l’œuvre d’Edouard Prulhière n’est pas lugubre, il s’en dégage même une sorte de paix presque comme un mandala frontal dénué d’agressivité et de grandiloquence. C’est d’ailleurs cette veine qu’explore Edouard Prulhière dans la série des Volume paintings. Ici, l’artiste s’emploie à faire entrer une toile trop grande dans un châssis trop petit. La toile se plie, se chiffonne, déborde et bidouille ses propres excroissances. Le châssis et la toile sont éprouvés par les tensions que l’artiste met en scène au sein de cet amas dont on a du mal à déterminer la nature. Edouard Prulhière donne finalement à voir le ventre de la peinture, sorte d’organe autonome et ogresque bien décidé à dévorer le monde.

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